La rentrée est souvent présentée comme un nouveau départ.

Pour beaucoup, elle représente surtout une succession de changements, de nouvelles habitudes, d’horaires, de bruit, de contraintes, de rencontres et d’imprévus.

Chez les personnes neuroatypiques, cette accumulation peut rapidement provoquer une surcharge émotionnelle.

Enfants, adolescents ou adultes doivent parfois mobiliser beaucoup d’énergie pour retrouver leurs repères, s’adapter à un nouvel environnement et reprendre un rythme plus soutenu.

Alors pourquoi cette période peut-elle être particulièrement éprouvante ? Quels signes peuvent nous alerter lorsque les émotions commencent à déborder ? Et surtout, comment préparer et accompagner cette transition plus sereinement ?

Pourquoi la rentrée est-elle si éprouvante ?

Après une période estivale souvent plus souple, la rentrée marque un changement de rythme important. Il faut retrouver des horaires, une organisation, des obligations et parfois découvrir un nouvel environnement.

Ce n’est d’ailleurs pas nécessairement la rentrée en elle-même qui est difficile, mais plutôt l’accumulation de changements et de sollicitations qu’elle entraîne.

La rupture des routines et des repères

Pendant les vacances, les horaires sont souvent plus souples, les contraintes moins nombreuses et le quotidien davantage adaptable aux besoins de chacun.

La rentrée vient remettre en place des horaires précis et de nouvelles routines. Il faut parfois changer de classe, d’établissement, d’enseignants ou de collègues, retrouver les transports et réorganiser les activités et les temps de repos.

Pour certaines personnes neuroatypiques, les routines constituent de véritables repères. Elles rendent le quotidien plus prévisible et diminuent l’effort nécessaire pour s’adapter.

Lorsque ces repères changent, il faut en construire de nouveaux, ce qui demande du temps et de l’énergie.

Beaucoup de nouvelles informations à intégrer

Nouveaux emplois du temps, nouvelles consignes, nouveaux interlocuteurs, nouveaux lieux, nouvelles règles… En très peu de temps, le cerveau doit enregistrer, comprendre, trier et mémoriser de nombreuses informations.

Pour une personne présentant par exemple un TDAH ou certains troubles DYS, cette quantité d’informations peut représenter une charge cognitive importante, notamment lorsque plusieurs consignes sont données simultanément.

Une surcharge sensorielle parfois importante

Il y a également tout ce que l’on ne voit pas.

Le bruit des conversations, les sonneries, les déplacements, la lumière, les odeurs, les transports, les lieux remplis de monde…

Après plusieurs semaines passées dans un environnement parfois plus calme, le retour de toutes ces stimulations peut être éprouvant.

Chez certaines personnes neuroatypiques présentant des particularités sensorielles, filtrer ces informations peut être difficile. Cette sollicitation permanente peut favoriser la fatigue, l’irritabilité, les difficultés de concentration ou le besoin de s’isoler en fin de journée.

Le retour des interactions sociales

La rentrée signifie aussi retrouver les autres.

Découvrir de nouvelles personnes, comprendre le fonctionnement d’un groupe, retrouver sa place, participer aux conversations et s’adapter aux codes sociaux peut demander beaucoup d’énergie.

Un enfant peut ainsi sembler parfaitement à l’aise pendant sa journée et pourtant rentrer épuisé ou irritable. Chez l’adulte, le phénomène peut être similaire après plusieurs heures d’interactions professionnelles.

Ces dizaines de petites décisions qui s’accumulent

À quelle heure se lever ? Que préparer ? Que prendre avec soi ? Par quoi commencer ? Quelle tâche est prioritaire ?

Prises séparément, ces décisions semblent anodines. Leur accumulation mobilise pourtant les capacités d’organisation, de planification et d’adaptation.

La fatigue de la rentrée ne vient donc pas toujours d’un événement particulièrement difficile. Elle peut être le résultat de dizaines de petites adaptations réalisées tout au long de la journée.

Neuroatypies : quand la rentrée demande encore plus d’énergie

Toutes les personnes neuroatypiques ne vivent évidemment pas la rentrée de la même manière. Les difficultés et les besoins varient selon chacun, son âge, son environnement et son propre fonctionnement.

Certaines particularités liées aux troubles DYS, au TDAH ou au TSA peuvent néanmoins rendre cette période particulièrement exigeante.

Chez les personnes DYS

Pour un enfant ou un adolescent DYS, la rentrée peut signifier de nouveaux enseignants, de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles consignes auxquelles il faut s’adapter.

Il faut parfois expliquer à nouveau ses difficultés, retrouver ses outils de compensation, vérifier que les aménagements sont connus et reprendre confiance dans ses capacités.

Les expériences des années précédentes peuvent également laisser des traces. La peur d’être plus lent que les autres ou de se retrouver à nouveau en difficulté peut générer du stress avant même que les apprentissages aient réellement commencé.

Lire, écrire, prendre des notes, comprendre une consigne ou organiser son travail peuvent également demander davantage d’efforts lorsque certaines tâches nécessitent des stratégies de compensation.

Prenons l’exemple d’un collégien dyslexique qui change de professeur de français. L’année précédente, il avait trouvé ses repères, certaines consignes étaient reformulées, des supports lui étaient fournis et il savait comment organiser son travail.

À la rentrée, une partie de ces repères est à reconstruire. Il doit comprendre le fonctionnement du nouvel enseignant, retrouver ses stratégies et parfois oser expliquer à nouveau ses besoins.

Vu de l’extérieur, il s’agit simplement d’un changement de professeur. Pour lui, cela représente déjà plusieurs adaptations supplémentaires.

Chez les personnes avec un TDAH

La rentrée remet rapidement au premier plan tout ce qui concerne l’organisation du quotidien : respecter des horaires, préparer ses affaires, penser au matériel, gérer plusieurs consignes, planifier son travail ou déterminer les priorités.

À cela s’ajoutent les nombreuses sollicitations de l’environnement. Rester attentif malgré les distractions ou passer rapidement d’une activité à une autre peut augmenter la fatigue au fil de la journée.

Les oublis, les retards ou les difficultés d’organisation peuvent également provoquer frustration et découragement lorsque la personne a le sentiment de faire beaucoup d’efforts sans parvenir au résultat attendu.

Imaginons un enfant avec un TDAH qui a réussi à gérer toute sa journée de rentrée. Il a écouté les nouvelles consignes, essayé de rester attentif, pensé à son matériel et fait de nombreux efforts pour s’adapter.

À la maison, une demande aussi banale que ranger son sac déclenche soudainement des pleurs ou une forte colère.

La réaction peut sembler disproportionnée. Pourtant, cette demande représente parfois simplement la sollicitation de trop après une journée durant laquelle l’enfant a déjà beaucoup mobilisé ses ressources.

Chez les personnes avec un TSA

Pour certaines personnes avec un trouble du spectre de l’autisme, la rentrée peut représenter une accumulation importante de changements : nouveaux lieux, nouvelles personnes, nouvel emploi du temps, nouvelles règles ou modification des habitudes prises pendant les vacances.

L’environnement peut également redevenir beaucoup plus stimulant avec le bruit, les mouvements, les lumières, les transports et la proximité avec de nombreuses personnes.

Les interactions sociales peuvent elles aussi demander beaucoup d’énergie. Comprendre les attentes, retrouver sa place dans un groupe ou s’adapter à de nouveaux interlocuteurs représente parfois une sollicitation importante, même lorsque cela ne se voit pas extérieurement.

Un point commun : l’énergie nécessaire pour s’adapter

DYS, TDAH, TSA, les difficultés ne sont pas identiques et toutes les personnes neuroatypiques ne vivent pas la rentrée de la même façon.

Un élément revient pourtant régulièrement : l’énergie nécessaire pour s’adapter.

Un enfant peut contenir ses émotions pendant toute sa journée et s’effondrer une fois rentrer chez lui. Un adolescent peut devenir irritable ou avoir besoin de s’isoler.

Ces réactions ne signifient pas nécessairement que la rentrée se passe mal. Elles peuvent simplement indiquer que la personne utilise actuellement une grande partie de ses ressources pour retrouver ses repères.

Derrière une colère, un besoin de s’isoler ou un « je n’ai pas envie », il peut parfois simplement y avoir un cerveau qui nous dit : « Pour aujourd’hui, j’ai déjà beaucoup donné. »

DYS, TDAH, TSA, les difficultés ne sont pas identiques et toutes les personnes neuroatypiques ne vivent pas la rentrée de la même façon.

Un élément revient pourtant régulièrement : l’énergie nécessaire pour s’adapter.

Un enfant peut contenir ses émotions pendant toute sa journée et s’effondrer une fois rentrer chez lui. Un adolescent peut devenir irritable ou avoir besoin de s’isoler.

Ces réactions ne signifient pas nécessairement que la rentrée se passe mal. Elles peuvent simplement indiquer que la personne utilise actuellement une grande partie de ses ressources pour retrouver ses repères.

Derrière une colère, un besoin de s’isoler ou un « je n’ai pas envie », il peut parfois simplement y avoir un cerveau qui nous dit : « Pour aujourd’hui, j’ai déjà beaucoup donné. »

La rentrée demande un temps d’adaptation et il est normal de ressentir davantage de fatigue ou de stress pendant quelques jours.

Mais lorsque les sollicitations s’accumulent, certains changements peuvent indiquer que la personne commence à atteindre ses limites.

Irritabilité, pleurs ou crises plus fréquentes

La patience diminue, une remarque anodine provoque une réaction inhabituelle ou une petite contrariété déclenche des pleurs ou une colère importante.

Le verre renversé, le devoir supplémentaire ou le sac qu’il faut encore préparer ne sont pas nécessairement la véritable cause de la réaction. Ils peuvent simplement représenter la petite goutte qui arrive lorsque le verre est déjà plein.

Avant de considérer une réaction comme excessive, il peut donc être utile de regarder ce qui s’est accumulé au cours de la journée.

Fatigue et sommeil perturbé

Le besoin de dormir davantage, l’envie de s’allonger en rentrant ou le manque d’énergie peuvent apparaître dès les premières semaines.

Cette fatigue peut être physique, mais aussi cognitive et émotionnelle.

Et paradoxalement, être très fatigué ne signifie pas toujours réussir à dormir facilement. Les pensées peuvent continuer à tourner au moment du coucher, la journée écoulée, ce qu’il faudra faire demain ou encore la peur d’oublier quelque chose.

Un besoin plus important de s’isoler

Certaines personnes réagissent à la surcharge en se mettant en retrait.

Un enfant qui monte directement dans sa chambre, un adolescent qui ne souhaite pas parler ou un adulte qui ressent un besoin immédiat de silence cherche parfois simplement à diminuer les sollicitations.

Respecter ce besoin de calme pendant un moment peut permettre de récupérer avant de retrouver les interactions familiales.

Quand le corps exprime aussi la tension

Les périodes de stress peuvent également s’accompagner de manifestations physiques comme des maux de ventre, des maux de tête ou des tensions.

Chez certains enfants, le fameux « j’ai mal au ventre » du matin mérite donc d’être entendu.

Cela ne signifie pas que « c’est dans sa tête ». La sensation ressentie est bien réelle.

Des symptômes physiques nouveaux, importants, persistants ou inhabituels nécessitent toutefois un avis médical afin de ne pas attribuer systématiquement au stress ce qui pourrait avoir une autre origine.

Une concentration plus difficile

Lorsque le cerveau est déjà très sollicité, maintenir son attention peut devenir encore plus compliqué.

On oublie davantage, on commence une tâche sans la terminer, on relit plusieurs fois la même consigne ou l’on peine à organiser ses pensées.

Un signe isolé ne suffit évidemment pas à parler de surcharge émotionnelle. Ce qui mérite davantage d’attention, c’est surtout un changement par rapport au fonctionnement habituel, l’accumulation de plusieurs signes ou leur persistance.

Parfois, derrière ces changements se cache un message très simple : « Là, c’est un peu trop pour moi. »

Comment préparer une rentrée plus sereine ?

Il n’est pas possible de supprimer tous les imprévus de la rentrée, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif.

En revanche, quelques ajustements peuvent diminuer certaines sources de stress et permettre de conserver davantage d’énergie pour gérer les nouveautés.

Reprendre progressivement les horaires

Après plusieurs semaines de vacances, passer brutalement d’un rythme souple à un réveil matinal peut être difficile.

Quelques jours avant la reprise, avancer progressivement l’heure du coucher et du lever permet de retrouver un rythme plus proche de celui de l’école ou du travail.

Pas besoin pour autant de transformer la dernière semaine de vacances en répétition générale de septembre. Quelques ajustements suffisent.

Préparer les affaires plusieurs jours avant

Le sac, les fournitures, les vêtements, les documents administratifs ou le trajet peuvent être préparés à l’avance.

Pour un enfant anxieux face à la nouveauté, visualiser son établissement ou regarder le trajet peut également rendre la situation plus prévisible.

Une liste simple ou une checklist visuelle peut être très utile lorsqu’il existe des difficultés d’organisation.

Moins il y a de choses auxquelles penser au dernier moment, moins la charge mentale est importante.

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Limiter les sollicitations inutiles

Les premières semaines sont déjà riches en nouveautés. Il n’est donc pas forcément nécessaire d’y ajouter immédiatement un emploi du temps surchargé.

Lorsque cela est possible, évitez de multiplier les rendez-vous, les sorties ou les obligations durant les premiers jours.

Il ne s’agit évidemment pas de mettre toute la famille sous cloche jusqu’en octobre, mais simplement d’adapter temporairement le rythme.

Prévoir de vrais temps de récupération

Après une journée d’école ou de travail, certaines personnes ont besoin de calme avant de pouvoir raconter leur journée, faire leurs devoirs ou participer à la vie familiale.

Écouter de la musique, marcher, dessiner, lire, rester quelques minutes dans sa chambre ou simplement ne rien faire peut permettre de diminuer progressivement les sollicitations.

Certains auront envie de parler immédiatement, d’autres auront besoin de silence. L’important est d’identifier ce qui permet réellement de récupérer.

Maintenir des repas réguliers

Lorsque le rythme s’accélère, les repas peuvent rapidement devenir une variable d’ajustement.

Conserver des horaires relativement réguliers et des repas équilibrés participe pourtant au maintien de repères dans la journée.

L’objectif n’est pas de rechercher une alimentation parfaite, mais de conserver une certaine régularité pendant une période déjà riche en changements.

Préserver le sommeil

Le sommeil joue un rôle essentiel dans la récupération physique et cognitive.

Une routine du soir relativement stable peut aider à marquer la transition vers le coucher : diminuer les sollicitations, préparer les affaires du lendemain et retrouver une activité calme.

Préparer certaines choses la veille permet aussi d’éviter de commencer la journée suivante dans la précipitation.

Autoriser les émotions

Une rentrée sereine n’est pas une rentrée sans peur, sans stress ou sans colère.

Un enfant peut être heureux de retrouver ses amis tout en étant inquiet de changer de classe. Un adulte peut avoir envie de reprendre son travail tout en appréhendant le retour du rythme quotidien.

Plutôt que de chercher immédiatement à faire disparaître l’émotion, nous pouvons commencer par la reconnaître.

« Je vois que tu es inquiet. »

« Cette journée semble avoir été difficile. »

« Tu as peut-être besoin d’un peu de calme. »

Mettre des mots sur ce qui est ressenti permet d’accueillir l’émotion et aide progressivement l’enfant à identifier ce qu’il ressent et à exprimer ses besoins.

Utiliser la respiration pour retrouver le calme

a respiration est un outil simple et disponible partout.

Avec un enfant, on peut proposer de souffler doucement dans une paille imaginaire. Il inspire tranquillement par le nez puis souffle lentement et régulièrement, comme s’il voulait faire passer son souffle dans une toute petite paille.

L’objectif n’est pas de souffler fort, mais d’allonger tranquillement l’expiration.

On peut également utiliser la respiration carrée : inspirer pendant quatre temps, marquer une pause pendant quatre temps, expirer pendant quatre temps, puis marquer à nouveau une pause pendant quatre temps.

Quelques cycles permettent de créer un temps de pause et de ramener l’attention vers la respiration et les sensations.

Ces exercices sont plus faciles à utiliser lorsque la tension monte s’ils ont d’abord été expérimentés dans un moment calme.

Les Fleurs de Bach pour accompagner les émotions de la rentrée

Les Fleurs de Bach peuvent également trouver leur place parmi les outils utilisés pour accompagner cette période de transition.

À l’approche de la rentrée, certaines émotions peuvent devenir plus présentes : appréhension face au changement, peur de ne pas réussir, manque de confiance ou sentiment d’être rapidement dépassé.

Le mélange Rescue peut notamment être utilisé ponctuellement lors d’un moment de tension ou d’une situation vécue comme particulièrement stressante, par exemple la veille de la rentrée ou avant de franchir les portes d’un nouvel établissement.

Pour un accompagnement émotionnel plus global, il est cependant important de revenir à l’un des principes essentiels de la méthode du Dr Bach : s’intéresser à la personne et aux émotions qu’elle traverse plutôt qu’à la situation elle-même.

Deux enfants qui appréhendent leur rentrée ne ressentent pas nécessairement la même chose.

L’un peut avoir peur d’une situation précise, un autre manquer de confiance en ses capacités, tandis qu’un troisième peut surtout éprouver des difficultés face au changement.

Le choix des Fleurs de Bach sera donc différent selon la personne et ce qu’elle vit émotionnellement. C’est justement cette individualisation qui fait tout l’intérêt d’un accompagnement personnalisé.

Créer un petit rituel rassurant

Les rituels permettent de créer de la prévisibilité dans une période où beaucoup de choses changent.

Cela peut être un petit déjeuner pris ensemble, quelques minutes de musique dans la voiture, une phrase avant de partir, un temps calme en rentrant ou une discussion avant le coucher.

Pour un enfant, il peut simplement s’agir de répondre chaque soir à deux questions :

  • « Qu’est-ce que tu as aimé aujourd’hui ? »
  • « Qu’est ce qui a été plus difficile ? »

Ces quelques minutes permettent de déposer ce qui s’est passé dans la journée sans transformer le retour à la maison en interrogatoire.

Et pour les parents ?

Accompagner son enfant ne signifie pas devoir être parfaitement calme, organisé et disponible à chaque instant. Les parents aussi vivent la rentrée avec leurs contraintes, leurs horaires, leur travail et parfois leur propre stress.

Les enfants sont sensibles à l’ambiance qui les entoure. L’objectif n’est pas de leur cacher toutes nos émotions, mais de leur offrir un cadre suffisamment rassurant pour qu’ils puissent exprimer les leurs.

Parfois, quelques mots suffisent : « Je vois que cette rentrée t’inquiète, on va prendre le temps de retrouver nos repères ensemble. »

Un enfant n’a pas besoin d’un parent parfait. Il a surtout besoin de sentir qu’il peut revenir vers lui lorsqu’il en a besoin.

Une rentrée sereine ne signifie pas une rentrée parfaite

Malgré toute la préparation possible, il y aura probablement un réveil difficile, un cahier oublié, une colère, un repas improvisé ou un soir où personne n’aura envie de pratiquer la respiration carrée.

Et ce n’est pas grave.

L’objectif n’est pas de supprimer chaque source de stress, mais de créer suffisamment de repères, de sécurité et de moments de récupération pour que chacun puisse progressivement retrouver son équilibre.

Anticiper ce qui peut l’être, alléger ce qui peut l’être et respecter le besoin de récupération peut déjà faire une vraie différence.

Et les adultes neuroatypiques dans tout ça ?

Lorsque l’on parle de rentrée, on pense spontanément aux enfants, aux cartables et au retour en classe. Pourtant, septembre marque également un changement de rythme pour de nombreux adultes.

Après une période où les horaires et les contraintes étaient parfois plus souples, il faut retrouver le rythme professionnel, les transports, les réunions, les collègues, les mails et les impératifs du quotidien.

Chez une personne avec un TDAH, la reprise peut remettre au premier plan les difficultés de planification, de priorisation ou de gestion du temps.

Pour une personne DYS, certaines tâches liées à l’écrit, à la lecture rapide d’informations ou au traitement de plusieurs consignes peuvent mobiliser beaucoup d’énergie.

Pour une personne avec un TSA, les changements d’organisation, les imprévus ou le retour dans un environnement très stimulant peuvent également demander un temps d’adaptation.

Le retour des sollicitations et de la fatigue sociale

Transports, bruit, notifications, appels, réunions, conversations entre collègues et demandes qui s’enchaînent peuvent rapidement remplir l’espace mental.

À cela s’ajoutent les interactions sociales. Participer aux réunions, échanger, écouter, répondre et s’adapter aux différents interlocuteurs demande aussi de l’énergie.

Certaines personnes ressentent alors, en fin de journée, un besoin important de calme ou de solitude.

Ce besoin n’est pas nécessairement un rejet des autres. Il peut simplement être une manière de récupérer après plusieurs heures de sollicitations.

Les adultes ont parfois tendance à s’accorder moins facilement cette période d’adaptation.

On accepte assez naturellement qu’un enfant soit fatigué pendant les premières semaines d’école. Lorsqu’il s’agit de nous-mêmes, nous voudrions parfois être immédiatement efficaces et parfaitement opérationnels.

Pourtant, nous avons nous aussi besoin de retrouver nos repères.

Car même sans cartable, sans cahiers neufs et sans liste de fournitures, la rentrée peut bel et bien représenter un défi émotionnel pour les adultes neuroatypiques.

Et si nous laissions simplement à chacun le temps de faire sa rentrée ?

La rentrée ne sera probablement jamais une période totalement dépourvue de stress.

Pour une personne neuroatypique, enfant, adolescent ou adulte, retrouver un rythme et de nouveaux repères peut demander davantage de temps et d’énergie.

Comprendre ce qui se joue derrière une fatigue inhabituelle, une irritabilité, un besoin de s’isoler ou une émotion qui déborde permet déjà de porter un autre regard sur ces réactions.

La gestion émotionnelle ne consiste pas à ne plus ressentir de stress, de peur, de colère ou de frustration. Elle permet progressivement de mieux identifier ce que nous ressentons, de comprendre nos besoins et de trouver les ressources qui nous aident à retrouver notre équilibre.

Pour les personnes neuroatypiques comme pour leur entourage, cette compréhension permet de passer du « Pourquoi réagit-il comme ça ? » au « Qu’est ce qui lui demande autant d’énergie en ce moment ? »

Et ce changement de regard peut déjà faire une grande différence.

Alors, préparons ce qui peut l’être, accueillons les petits imprévus, respectons les besoins de récupération et laissons à chacun le temps de retrouver son rythme.

Parce qu’une rentrée réussie n’est pas forcément celle où tout se passe comme prévu. C’est aussi celle où chacun peut progressivement retrouver ses repères, à son rythme et en respectant son propre fonctionnement.

Vous ou votre enfant vivez chaque rentrée comme une période particulièrement éprouvante ? Un accompagnement en gestion émotionnelle peut vous aider à mieux comprendre les réactions émotionnelles, à retrouver des repères et à traverser cette période avec davantage de sérénité.

Les consultations sont possibles au cabinet à Brest ou en visioconférence.