Quand on découvre que son enfant est « Dys »

Il y a parfois un moment précis, presque suspendu.

Une maîtresse qui vous prend à part. Un cahier rempli de ratures. Un enfant qui se débat chaque soir devant les devoirs, alors qu’il essaie vraiment.

Vous regardez votre enfant, et vous sentez bien que quelque chose cloche…
Pas dans son intelligence,  ça, vous le savez.
Mais dans la manière dont il apprend, dont il écrit, dont il lit, dont il s’organise.

Et puis un jour, un mot arrive :  Dys.

Dyslexie. Dyspraxie. Dysorthographie. Dyscalculie.
Dysphasie…

Un mot qui soulage, parce qu’il met enfin des termes sur les difficultés.
Un mot qui inquiète aussi, parce qu’il ouvre mille questions :

« Qu’est-ce que ça veut dire, concrètement ? Comment l’aider ? Est-ce qu’il va réussir à l’école ? Et plus tard, dans la vie ? »

Je me souviens encore du jour où l’orthophoniste m’a annoncé la nouvelle.
La pièce était calme, pourtant tout s’est mis à tourner doucement à l’intérieur. J’écoutais, j’acquiesçais, je prenais les informations, et en même temps une part de moi avait envie de pleurer et de dire, mais qu’est-ce que cela va changer pour lui, pour nous.

Je crois que ce moment reste gravé chez beaucoup de parents.
Ce mélange étrange de soulagement et de peur. Soulagement de ne plus entendre, il n’écoute pas, il ne fait pas d’efforts. Peur de l’avenir, peur des obstacles, peur de se tromper.

Les troubles « Dys » appartiennent à ce qu’on appelle des troubles neurodéveloppementaux : le cerveau traite certaines informations (langage, gestes, chiffres, écriture…) d’une manière différente.
Ils ne sont pas liés à un manque d’effort, ni à un manque de volonté, et ils ne remettent pas en cause l’intelligence de l’enfant.

Dans la vraie vie, cela ne ressemble pas à des « grands concepts ».
Cela ressemble à :

  • Cet enfant qui sait raconter des histoires merveilleuses… mais qui « butte » sur chaque ligne quand il lit à haute voix ;
  • Cette petite fille brillante, mais épuisée par l’écriture, qui finit par éviter les devoirs pour ne plus sentir la honte monter ;
  • Cet élève qui comprend la leçon… et pourtant, face aux chiffres, tout s’emmêle.

Si vous vous reconnaissez dans ces scènes, vous n’êtes pas seul·e.

Cet article  a été écrit pour vous aider à y voir plus clair , sans promesse magique, sans solution miracle ,mais avec des repères concrets, réalistes et respectueux du rythme de votre enfant.

Nous allons explorer ensemble :

  • Ce que recouvrent réellement les différents troubles Dys,
  • Ce qui peut être mis en place à la maison,
  • Comment collaborer avec l’école,
  • Quels outils peuvent soutenir l’apprentissage,
  • Comment accompagner les émotions (et les vôtres),
  • Et quand, et vers qui , demander de l’aide.

Mon intention est simple :
vous offrir des informations fiables, des exemples concrets, et un peu de souffle pour la route. Parce qu’un enfant Dys n’est pas « en retard » : il avance autrement. Et avec le bon accompagnement, ce « autrement » peut devenir une vraie force.

Comprendre ce que recouvrent vraiment les troubles Dys

Quand on parle d’un enfant Dys, on a parfois l’impression d’entrer dans un labyrinthe de mots savants. Dyslexie, dyspraxie, dysorthographie, dyscalculie, dysphasie. Tout cela peut sembler impressionnant et presque inquiétant. Et pourtant, derrière chaque terme, il y a surtout un enfant bien réel, avec sa manière unique de penser, d’apprendre et de se débrouiller dans la vie.

Les troubles Dys appartiennent à la famille des troubles du neurodéveloppement. Cela signifie que le cerveau se développe et fonctionne différemment pour certaines tâches précises. La lecture, l’écriture, la coordination des gestes, le langage oral ou encore le calcul peuvent demander un effort énorme, là où d’autres enfants semblent avancer sans difficulté apparente.

Il est essentiel de le dire clairement. Les troubles Dys ne sont pas dus à un manque d’intelligence, ni à un manque de motivation, ni à une mauvaise éducation. Ils ne sont pas non plus la conséquence d’un parent qui aurait mal fait quelque chose. Ils relèvent d’un fonctionnement neurologique particulier.

Dans la pratique, cela peut se traduire par des difficultés très concrètes.

Un enfant peut lire très lentement et se fatiguer vite, mais comprendre parfaitement ce qu’on lui explique à l’oral.
Un autre peut avoir des idées riches et créatives, mais se retrouver bloqué à l’écriture, comme si la main ne suivait pas la pensée.
Un autre encore peut se perdre dans les consignes, confondre droite et gauche, ou se heurter à des gestes pourtant simples pour les autres.

Rien de tout cela n’enlève l’intelligence, la sensibilité, ni le potentiel.

Ce qu’il faut aussi comprendre, c’est que les troubles Dys ne se ressemblent jamais totalement d’un enfant à l’autre. Deux enfants dyslexiques, par exemple, peuvent avoir des parcours et des ressentis très différents. Je ne peux donc pas donner une définition unique qui engloberait tout. Dire le contraire serait faux.

Les recherches indiquent cependant un point important. Les troubles Dys sont durables dans le temps, mais ils peuvent être compensés grâce à un accompagnement adapté. L’enfant apprend peu à peu à contourner la difficulté, à utiliser des stratégies, à s’appuyer sur ses forces.

Cette idée est souvent libératrice pour les parents.

On ne cherche pas à « guérir » un Dys.
On cherche à l’aider à comprendre comment il fonctionne, à alléger sa fatigue, à renforcer ses points forts, à aménager son environnement pour qu’il puisse apprendre avec plus de sérénité.

Ce que cela change dans la vie de tous les jours

Les troubles Dys ne sont pas seulement une histoire de cahiers, d’exercices ou de notes. Ils traversent le quotidien tout entier.

Un enfant peut mettre plus de temps à s’habiller parce que la séquence des gestes ne s’enchaîne pas facilement.
Un autre peut fondre en larmes devant un devoir pourtant simple, parce que chaque ligne lui demande une énergie immense.
Parfois, le soir, la fatigue se mélange à la frustration, et tout semble trop lourd, pour lui comme pour vous.

Cela peut être éprouvant.
Et en même temps, ces enfants développent souvent une grande créativité, un humour fin, une sensibilité incroyable à ce qui les entoure.

Comprendre ce fonctionnement est déjà une première forme d’aide.

Nous allons maintenant entrer au cœur du quotidien, à la maison.
Comment alléger, simplifier, apaiser, sans vous épuiser, et sans culpabiliser.

Aider un enfant Dys au quotidien à la maison

Il n’existe pas de recette magique. Chaque famille, chaque enfant, chaque rythme est différent. Là où je ne peux pas être précise, je préfère dire je ne sais pas plutôt que de proposer une solution passe partout.

Installer un climat calme et rassurant

Un enfant Dys se fatigue vite. La journée d’école lui demande souvent un effort invisible, mais énorme.
À la maison, un environnement apaisant aide vraiment.

Un espace tranquille pour les devoirs, avec le moins de distractions possible.
Une routine simple, toujours dans le même ordre, par exemple goûter, pause, devoirs, temps libre, dîner, coucher.
Des consignes courtes, données une par une, avec parfois un rappel visuel.

Ces éléments ne sont pas là pour « surprotéger » l’enfant. Ils soutiennent simplement son cerveau qui a besoin de repères clairs pour ne pas se disperser.

Respecter les temps de pause

Beaucoup de parents se demandent s’il faut insister, pousser, demander plus.
La vérité est plus nuancée.

Un enfant Dys peut travailler intensément pendant un court moment, puis décrocher brutalement. Ce n’est pas de la paresse. C’est une fatigue cognitive réelle. Si l’on continue à le pousser, la tension augmente, les erreurs aussi, et l’estime de soi chute.

Alterner travail court et pause courte est souvent plus efficace. Je ne peux pas donner une durée précise qui fonctionnerait pour tous les enfants, car cela n’existe pas, et ce serait mensonger. Mais observer votre enfant, repérer quand il sature, adapter, reste la meilleure boussole.

Valoriser les efforts, pas seulement les résultats

Apprendre quand on est Dys, c’est parfois avancer en zigzag.
Certaines choses prennent plus de temps, d’autres s’installent doucement, d’autres encore semblent disparaître, puis revenir.

Votre regard sur ces efforts compte énormément.

Remercier pour la persévérance. Souligner le courage. Mettre en lumière ce qui a été réussi, même si c’est petit.

Aider un enfant Dys à l’école, trouver sa place sans s’épuiser

Quand un enfant Dys arrive à l’école, il entre dans un univers construit pour des cerveaux qui apprennent vite, qui lisent vite, qui écrivent vite.
Pour lui, chaque journée peut ressembler à une course dont il ne connaît ni le rythme, ni les règles.

Ce que beaucoup de parents racontent, c’est cette impression répétée.
Il travaille plus que les autres, et pourtant les résultats ne suivent pas.
Il se concentre, fait de son mieux, et rentre à la maison vidé, découragé, parfois honteux.

Là encore, il est important de rappeler une vérité simple.
Ce n’est pas l’enfant qui est en défaut.
C’est l’environnement qui n’est pas adapté à son fonctionnement.

En France, le système scolaire reconnaît officiellement que certains élèves ont besoin d’ajustements.
On parle d’aménagements pédagogiques, parfois d’un Plan d’Accompagnement Personnalisé, parfois d’un Projet Personnalisé de Scolarisation lorsque le handicap est reconnu.

Ces dispositifs ne sont pas des privilèges. Ils ne sont pas là pour donner un avantage. Ils existent pour rétablir une forme d’équité, afin que l’enfant puisse montrer réellement ce qu’il sait.

La Haute Autorité de Santé et le ministère de l’Éducation Nationale rappellent que les aménagements permettent de réduire la fatigue, de limiter l’échec répété et de soutenir la motivation.

Dans la pratique, cela peut prendre des formes simples.

L’enfant peut bénéficier de plus de temps pour lire et écrire. Les consignes peuvent être expliquées à l’oral et à l’écrit. On peut autoriser l’usage d’un ordinateur pour éviter la douleur et la lenteur de l’écriture manuscrite.

On peut éviter de surcharger les cahiers et proposer des supports plus clairs.

Je ne peux pas donner une règle universelle.
Chaque enfant a des besoins différents.
professionnels qui suivent l’enfant, orthophoniste, ergothérapeute, médecin spécialisé.

Le plus important est la qualité du dialogue.

Quand l’école, les parents et les professionnels se parlent, s’écoutent, respectent chacun leur place, l’enfant cesse d’être vu comme celui qui ne suit pas. Il devient un élève qui apprend autrement.

Et, de mon côté, je te le dis avec sincérité.
Je me souviens de ces réunions autour de la table, avec les enseignants, l’orthophoniste, parfois la direction.
Le cœur un peu serré, mais aussi cette sensation de ne plus être seule.
Quand les adultes se coordonnent, la pression redescend, et l’enfant respire un peu mieux.

L’école n’est pas toujours simple.
Il peut y avoir des incompréhensions, des résistances, des maladresses.
Mais chaque petit ajustement compte, et chaque enseignant sensibilisé devient un allié précieux.

Même avec toute la bonne volonté du monde, il arrive que les adaptations nécessaires ne soient pas encore mises en place dans certaines classes. Ce n’est pas une question d’intention, ni de jugement. C’est plutôt une réalité qui reflète des contraintes humaines, organisationnelles, et parfois une méconnaissance encore trop répandue de ce que vivent vraiment ces enfants.

En France, on estime qu’environ 8 % des enfants scolarisés présentent un trouble spécifique des apprentissages, ce qui inclut les profils Dys.
Pour soutenir ces élèves, des dispositifs comme les Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap ou les Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire ont été mis en place.
Et pourtant, malgré ces avancées, certains enfants ne bénéficient pas toujours de l’accompagnement adapté ou doivent attendre longtemps avant que les aménagements soient réellement effectifs.

Ce constat n’est ni un reproche ni une condamnation.
C’est simplement un reflet de la complexité de notre système éducatif, des charges de travail des équipes, de la variété des besoins à prendre en compte.
Quand un aménagement tarde à arriver, l’enfant peut se sentir encore plus seul face à ses difficultés, et les parents peuvent éprouver un sentiment d’impuissance, même en faisant de leur mieux.

Reconnaître cette réalité avec bienveillance, sans juger, permet parfois d’alléger un peu le poids qui pèse déjà sur le quotidien des familles.
Et savoir que l’on n’est pas seul·e dans ce parcours, que d’autres traversent les mêmes lenteurs et les mêmes défis, apporte souvent un peu de souffle.

Les outils et compensations, quand on adapte au lieu de forcer

Pendant longtemps, on a répété aux enfants Dys qu’il fallait faire plus d’efforts. Lire plus. Écrire plus. S’appliquer davantage.

La vérité, c’est que l’effort, ils le fournissent déjà.
Souvent plus que les autres.

Forcer encore davantage ne fait qu’augmenter la fatigue, la frustration et parfois la honte.

Adapter, au contraire, permet d’ouvrir des portes.

Quand la lecture devient plus accessible

Pour un enfant dyslexique, déchiffrer chaque mot peut être épuisant.
Cela ne veut pas dire qu’il ne comprend pas.
Cela veut dire que le chemin pour accéder au sens est plus long.

Certains outils peuvent aider.

  • Des livres avec une police plus lisible.
  • Des textes espacés, aérés, avec des lignes claires.
  • Des supports audio pour écouter une histoire au lieu de tout lire.

Je ne peux pas dire que ces outils fonctionnent pour tous les enfants. Ce serait faux. Mais de nombreuses recommandations éducatives, notamment en France et en Europe, encouragent ces adaptations pour réduire la fatigue et maintenir le plaisir de lire.

Quand l’écriture devient moins douloureuse

Pour certains enfants, écrire à la main est une lutte permanente.
La main se crispe. Les lettres se mélangent. La lenteur devient insupportable.

Dans ce cas, autoriser l’ordinateur n’est pas un caprice.
C’est un véritable soutien.

Le clavier permet de se concentrer sur le contenu et non sur la forme. Il soulage la douleur, il allège la fatigue, il redonne une part d’autonomie. Là encore, il n’y a pas de règle unique. Tous les enfants n’en ont pas besoin. Mais les recommandations de rééducation et de scolarisation reconnaissent que l’outil informatique peut être une aide précieuse pour certains profils.

Organiser, structurer, guider sans étouffer

Beaucoup d’enfants Dys se perdent dans les consignes.
Ils oublient ce qu’il faut faire en premier.
Ils se dispersent, se découragent, recommencent.

Les supports visuels peuvent alors devenir de vrais compagnons de route.

Un agenda simple.
Un emploi du temps affiché.
Des pictogrammes pour visualiser les étapes.

Je ne peux pas garantir que cela résout tout.
Mais les recherches montrent qu’un repérage visuel clair réduit l’anxiété et améliore l’autonomie chez les enfants rencontrant des difficultés d’organisation.

Et puis il y a encore une chose importante.

Ces outils ne sont pas là pour rendre la vie plus facile par facilité.
Ils sont là pour compenser une difficulté réelle, documentée, et permettre à l’enfant d’accéder aux apprentissages comme les autres.

Je me souviens très bien du moment où j’ai accepté certains aménagements pour mon propre enfant. Au début, j’avais peur. Peur qu’il devienne dépendant.
Peur que les autres pensent qu’il avait des privilèges.

Puis j’ai vu son visage se détendre.
J’ai vu l’école devenir un peu moins douloureuse.
Et j’ai compris que ces outils n’étaient pas des béquilles au sens négatif du terme, mais des appuis pour avancer.

Après tout ce travail autour des outils, des aménagements, des supports et des stratégies, on pourrait croire que tout est réglé.

Et pourtant, ce n’est pas toujours le cas.

Parce que derrière les cahiers, les séances de rééducation et les aménagements scolaires, il y a un enfant. Un enfant avec un cœur, des peurs, des doutes, des colères parfois. Et il y a aussi des parents, souvent fatigués, parfois inquiets, parfois perdus.

C’est là qu’une autre dimension apparaît.
Moins visible. Mais tout aussi importante : L’émotionnel.

L’émotionnel, ce que l’on ne voit pas… et qui pourtant pèse si lourd

Quand on parle d’enfant Dys, on pense souvent aux cahiers, aux notes, aux séances d’orthophonie.

Mais il y a tout ce qui se passe à l’intérieur. Et c’est parfois là que ça fait le plus mal.

Un enfant Dys peut très vite se sentir différent. Il voit bien qu’il rame plus que les autres. Il entend les soupirs, il perçoit les regards, il comprend les remarques.

« Pourquoi tu ne fais pas attention ? » « Tu n’as qu’à te concentrer. » « Tu pourrais faire mieux. »

Petit à petit, un message s’installe.
« Je suis nul. » « Je n’y arriverai jamais. » « Je n’y arriverai jamais. »

De nombreuses études montrent que les enfants présentant des troubles spécifiques des apprentissages sont plus à risque d’anxiété, de découragement, parfois de repli.
Pour moi, en tant que maman, c’est probablement la partie la plus bouleversante.

Je me souviens de ce soir où mon enfant m’a dit
« Je suis bête, de toute façon. Je ne sers à rien »
Et là, tout s’effondre un instant. Pas à cause des devoirs, mais à cause de cette blessure intérieure.

C’est pour cela que l’accompagnement émotionnel est essentiel.

Accueillir, nommer, rassurer

La première chose, c’est d’accueillir ce qui se passe.

Dire simplement « Je vois que tu es triste. » « Je comprends que tu sois en colère. » « C’est difficile pour toi en ce moment. »

La validation émotionnelle aide l’enfant à ne pas se sentir fautif d’éprouver ce qu’il ressent.
Les recommandations en psychologie de l’enfant soulignent que nommer les émotions et offrir un climat sécurisant favorise une meilleure régulation émotionnelle.

Cela ne règle pas tout, mais cela apaise déjà.

Les approches naturelles pour alléger la charge émotionnelle

Quand un enfant vit avec un trouble Dys, ce n’est pas seulement l’école qui fatigue.
C’est aussi ce qui se passe à l’intérieur.

La peur de se tromper. La tension qui ne retombe jamais vraiment. La fatigue du soir qui devient une boule dans la gorge.
Parfois même des difficultés à s’endormir parce que la tête tourne encore et encore.

C’est dans cet espace-là que les approches naturelles peuvent apporter un soutien précieux.

Dans ma pratique, j’utilise les Fleurs de Bach pour accompagner les émotions. Elles ne changent pas le fonctionnement cérébral, mais elles peuvent aider l’enfant à se sentir plus apaisé, moins envahi, plus stable intérieurement. Quand l’émotion descend d’un cran, tout devient un peu plus gérable.

La naturopathie, de son côté, vient soutenir l’hygiène de vie.
Un sommeil plus régulier, des habitudes alimentaires qui soutiennent le système nerveux, des temps de respiration, de pause, de retour au calme. Souvent, ces petits ajustements réduisent la surcharge et redonnent du souffle au quotidien.

J’en parle en profondeur dans mon livre
TSA DYS TDAH : L’alphabet des cerveaux extraordinaires
où je montre comment le travail sur l’émotionnel, la compréhension du fonctionnement de l’enfant et l’utilisation d’outils naturels bien choisis peuvent vraiment alléger le vécu des familles.

Ces approches viennent en complément du reste. Elles soutiennent, elles rassurent, elles aident à mieux traverser. Et lorsqu’un enfant se sent plus apaisé à l’intérieur, il avance généralement avec plus de confiance.

Personnellement, dans mon vécu, j’ai vu mon enfant mieux traverser certaines périodes grâce à un travail sur l’émotionnel.
Pas de miracle.
Juste plus de douceur, plus de stabilité intérieure.

Et quand un enfant respire mieux dedans, il avance souvent un peu mieux dehors.

L’émotionnel ne se voit pas toujours au premier regard. Pourtant, il pèse souvent plus lourd que les difficultés scolaires elles-mêmes.

Au fil des consultations, j’ai rencontré beaucoup d’enfants Dys. Tous différents. Tous attachants. Et souvent, derrière les difficultés d’apprentissage, j’ai retrouvé la même chose. Une fatigue intérieure. Une confiance en soi fragilisée. Une inquiétude silencieuse.

Je pense à ce petit garçon, par exemple.
Brillant, curieux, très vif à l’oral. Mais dès qu’il fallait lire, son visage se fermait. Il se trompait, il confondait, il butait sur les mots. Et, peu à peu, il s’est mis à refuser les devoirs du soir. Non pas par opposition, mais par peur de l’échec. Un jour, il m’a dit tout doucement
« Si je ne fais pas, au moins je ne rate pas. »

Je pense aussi à cette jeune fille, douce, hypersensible, pleine d’imagination. Elle avait des troubles du sommeil depuis des mois, et se réveillait en pleine nuit, le ventre noué à l’idée de l’école. Elle anticipait les contrôles, les remarques, la fatigue du lendemain. Le corps disait tout haut ce que le cœur essayait de contenir.

Ces situations ne sont pas anecdotiques.
Les études montrent que les enfants présentant des troubles spécifiques des apprentissages ont plus de risques d’anxiété, de troubles du sommeil et de baisse de l’estime de soi.
Et je suis toujours frappée par la même chose.
Leur souffrance ne vient pas seulement du fait d’avoir un trouble Dys. Elle vient surtout du regard posé sur eux, des comparaisons, des remarques répétées, de cette sensation d’être toujours en décalage.

C’est pour cela que prendre soin de l’émotionnel est essentiel.
On ne « répare » pas juste un apprentissage.
On accompagne un être humain, avec son histoire, son rythme, sa sensibilité.

Dans mon travail, quand on commence à apaiser la peur, à redonner un peu de confiance, à alléger la pression, beaucoup de choses se transforment. L’apprentissage n’est pas miraculeusement facile, mais il devient plus possible. L’enfant respire mieux. Et quand un enfant respire mieux, toute la famille respire un peu avec lui.

Grandir avec un enfant Dys, une autre façon d’avancer

Quand on pose tout à plat, on réalise à quel point le chemin est vaste.

  • Il y a la découverte du trouble.
  • Il y a les démarches.
  • Il y a l’école.
  • Il y a les émotions.
  • Il y a les outils, les rééducations, les rendez-vous.
  • Et il y a la vie, tout simplement, qui continue autour.

Vivre avec un enfant Dys, ce n’est pas seulement apprendre à mieux lire, mieux écrire, mieux s’organiser.
C’est aussi apprendre à regarder autrement.

Regarder un enfant qui ne manque pas d’intelligence, mais dont le cerveau fonctionne différemment.
Reconnaitre un élève qui n’est pas paresseux, mais qui  au contraire dépense trois fois plus d’énergie pour faire la même tâche.
Accompagner une famille qui s’ajuste, parfois maladroitement, mais toujours avec amour.

Les organismes de santé et de recherche le répètent dans leurs recommandations.
Un diagnostic posé clairement, des aménagements adaptés, un soutien émotionnel et une coopération entre parents, professionnels et école améliorent significativement la qualité de vie des enfants Dys.

Cela ne veut pas dire que tout devient facile.
Je ne sais pas promettre cela, et ce serait malhonnête.

Mais beaucoup d’enfants Dys trouvent leur chemin.
Certains deviennent artistes, d’autres techniciens, soignants, entrepreneurs, artisans, enseignants.
Ils développent souvent des qualités précieuses.
Créativité. Intuition. Sens de l’humain. Capacité à persévérer là où d’autres auraient abandonné.

D’après mon expérience, ce qui change vraiment la trajectoire d’un enfant, ce n’est pas uniquement la méthode scolaire ou le nombre de séances.
C’est le regard posé sur lui.
Quand il cesse d’entendre « tu es en retard » » et qu’il commence à entendre tu apprends autrement », quelque chose s’ouvre.

Et puis il y a cette phrase que j’entends souvent, parfois des années après les premières difficultés.
Au final, ça m’a appris à mieux me connaître.

Grandir avec un trouble Dys, c’est apprendre à composer, à demander de l’aide, à développer des stratégies, à se découvrir autrement. Cela peut devenir une force intérieure, pas au sens d’un slogan, mais au sens d’une maturité qui se construit doucement.

Pour vous, parents, je dirais ceci.

  • Vous faites de votre mieux.
  • Vous avancez dans quelque chose qui n’est pas simple.
  • Vous doutez, vous cherchez, vous tombez, vous recommencez.

Et c’est déjà énorme.

Accompagner un enfant Dys n’est pas une course à la perfection.
C’est un chemin d’ajustements, d’écoute, de patience, et parfois aussi d’erreurs qui deviennent des apprentissages.

Si je devais résumer cet article en quelques idées essentielles, sans les graver comme des vérités absolues, ce serait celles-ci.

  • Comprendre.
  • Adapter.
  • Apaiser.
  • Coopérer.
  • Soutenir.

Et surtout, ne jamais oublier que derrière les bilans, les sigles et les dossiers, il y a un enfant qui a besoin d’être vu, entendu, respecté, encouragé.

Grandir avec un trouble Dys, ce n’est pas être moins capable, c’est avancer autrement.
Comme le rappelle Howard Gardner, nous n’avons pas tous une seule façon d’être intelligents.
Et peut-être que le plus beau rôle des adultes, parents, enseignants, accompagnants, est justement d’aider chaque enfant à découvrir la sienne.